in

Les femmes fontaines ont-elles plus de plaisir ?

femme fontaine

Femmes fontaines : ces mots font souvent rougir les filles et rêver les garçons, chacun y accolant ses représentations personnelles. On imagine des femmes hurlant de plaisir, mais qu’en est-il vraiment ? L’éclairage de la psychanalyste et sexologue Catherine Blanc, auteure de « La sexualité décomplexée » (Flammarion).

femme fontaine

La femme qualifiée de « fontaine » émet, lors de l’acte sexuel, une quantité importante de liquide. Certaines femmes, encouragées par une société qui y voit tantôt le témoignage d’une performance ou l’égalité féminin/masculin, tantôt l’expression d’un désordre, d’un débordement à maîtriser, vont, à l’instar des hommes et de leur éjaculation, jouir pleinement de cette manifestation, de ce débordement incontrôlable et de cette liberté de se montrer dans l’abandon, tandis que d’autres n’accueilleront pas ce lâcher prise avec autant de tranquillité, et terrorisées, s’interrogeront sur leur appétit sexuel. Inquiète pour elle ou pour leur partenaire, la fontaine devient source d’angoisse.

Les femmes fontaines, un mystère

À l’heure actuelle, le phénomène, sur le plan physiologique, reste mystérieux. Des hypothèses sont avancées, mais aucune certitude. Le liquide émis aurait une structure chimique proche de celle de l’urine, sans en être pour autant, d’où le malaise de certaines femmes qui l’assimilent à une envie d’uriner et tentent de se retenir… Or, dans l’amour, contrôle et plaisir vont rarement de pair.

Plus que jamais, le mystère donne libre court aux projections, conscientes ou inconscientes, et c’est en effet bien dans l’imaginaire, plus que dans le phénomène lui-même, que se construisent la puissance du plaisir et celle de l’interdit. Ainsi, la jouissance de la femme fontaine peut être limitée tout autant qu’amplifiée selon la signification qu’elle donne à cette incontrôlable « montée des eaux ».

Comment mesurer la jouissance ?

Toujours avides de preuves du plaisir féminin, nous sommes tentés, par cette manifestation, d’envisager son orgasme comme plus intense. Pourtant, dirait-on d’un homme qui émet beaucoup de sperme qu’il a plus de jouissance ? Aurait-il alors moins de plaisir en vieillis- sant, puisque la quantité diminue ?

Combien a-t-il fallu de temps pour que l’éjaculation et la jouissance ne soient plus confondues chez l’homme (ne le sont-elles plus seulement, d’ailleurs) ? Au nom de quoi faisons-nous ces raccourcis, si ce n’est au nom de notre besoin de prouver, ou se prouver, notre capacité à jouir ou faire jouir ?

Curieux débat sur l’ampleur de la jouissance, qui parle, une fois de plus, de notre société obsédée par la (dé)mesure, et donc de notre anxiété. La jouissance nous échappe et nous serions rassurés qu’il y ait un mètre, ou un volume, étalon. L’image est délicieuse, pensez donc, une fontaine de plaisir.

Extrait de « La sexualité décomplexée » de Catherine Blanc paru aux éditions Flammarion.

What do you think?

0 points
Upvote Downvote

Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Loading…

0

Comments

0 comments

cocienelle rouge

Si vous voyez ces coccinelles chez vous, faites très attention à ce détail qui peut être dangereux!